Exposition SURVIVANCES

Du 2 au 19 avril 2026

▶︎ Vernissage le jeudi 2 avril 2026, de 18h à 22h

Tomas Amorim / Emilio Chiofalo / Julie Laporte / Benoît Lefeuvre / Julie Rochereau

Survivances explore ce qui persiste du photographique après sa métamorphose. Inscrit.e.s dans une démarche collaborative, autant dans leurs rapports à la matière que par leur action collective, les artistes du collectif EeZ0 s’ancrent dans une relation physique au médium.

En détournant des matériaux, tels que les rebuts de laboratoire, les papiers altérés, les outils de construction ou encore les images d’archives, iels constituent les fondements d’un langage plastique où la photographie se déploie autrement. La matière se dépose, se plie, se dégrade, se nourrit, se régénère et devient tangible dans l’espace. La lumière s’y immisce et s’y déploie révélant ses textures et ses volumes.

Cette dynamique passe également par une collaboration avec le non-humain. Des micro-organismes à l’intelligence artificielle, la matière photographique se laisse traverser par des processus autonomes – prolifération, calcul, contamination – qui en déplacent les contours et brouillent les frontières entre naturel et artificiel. L’image devient alors un terrain d’interactions et d’ouvertures qui nous amène à penser autrement.

La survivance n’est ici ni nostalgie ni simple conservation. Entre dégradation et renouveau, l’exposition propose de nouvelles formes de collaboration où la matière resurgit. Elle invite à porter attention aux choses fragiles et aux gestes discrets. Elle imagine, à partir des restes, d’autres manières d’habiter le monde.

Le collectif EeZ0 (@eezero.collectif)

TOMAS AMORIM

Né à Rio de Janeiro en 1990, Tomás Amorim s’installe à Paris en 2015, il vit et travaille à Paris et à l’Île Saint-Denis, où se situe son atelier. Tomas commencé d’abord par une formation en géographie au Brésil, qu’il complète par un master en études Latino américain réalisé à l’Institut des Hautes Études de l’Amérique Latine. En 2020 il obtient son master en Art plastique et photographie par l’Université Paris VIII. Son usage de la photographie, d’abord initié par des recherches en géographie, est approfondi grâce à son expérience de tireur filtreur au sein de laboratoires parisiens.

Crédit :Sans titre

EMILIO CHIOFALO

À la croisée de la photographie expérimentale et de l’imaginaire scientifique, Emilio Chiofalo explore la plasticité de l’image comme une capacité à se transformer, se reconfigurer et produire des formes instables. Il aborde la photographie comme un milieu actif, traversé par des processus physico-chimiques et perceptifs, où le hasard et l’accident participent pleinement à l’émergence des images. Inspiré par la morphologie cérébrale et les processus psychiques, il détourne leurs logiques formelles pour produire des images s’ouvrant vers des états transitoires, hybrides, entre figuration et abstraction, réalité et fiction. Depuis deux ans, il développe une recherche sur la question de la plasticité cérébrale en collaboration avec un neuroscientifique de l’Inserm de Strasbourg.

Né en Italie, il vit et travaille à Paris. Ancien chercheur en politique internationale et titulaire d’un master en Photographie et Art contemporain (Université Paris 8), son travail a été présenté à la Biennale de l’Image Tangible, à la Galerie Porte B et prochainement à la Capsule 93.

Crédit : Emilio Chiofalo, Mind Map I, série Deep Dreams, IA et gravure laser sur papier argentique couleur, 2025. ©adagp.

JULIE LAPORTE

Julie Laporte développe une pratique située aux confins du médium photographique, là où celui-ci se détache de ses fonctions figuratives pour devenir une matière en transformation.

Prix du tirage Collection Bachelot 2022 et fondatrice d’un laboratoire de tirage argentique qu’elle anime quotidiennement, elle puise dans cet espace les matériaux et les gestes qui nourrissent son œuvre. Plutôt que de produire des images, elle recueille rebuts, résidus, papiers altérés et échecs techniques qu’elle érige en fondements d’un langage plastique. Sans appareil et sans sujet, son travail déplace la photographie vers le champ élargi de la sculpture.

L’artiste interroge la photographie à l’heure de la raréfaction des matériaux, de l’héritage toxique des procédés et de la domination du numérique. Elle propose une résistance silencieuse du médium à sa propre obsolescence, en révélant ce qu’il laisse, transforme et engage. La ruine devient un espace de renouvellement, où les plis et les failles du processus photographique ouvrent de nouvelles voies de contemplation.

Julie Laporte a présenté son travail dans le cadre de la Biennale de l’Image Tangible (2023), du festival Photo Saint Germain (2024), du salon Unrepresented by Approche et aux Rencontres d’Arles en 2025. Lauréate de la bourse de recherche du Collège International de la Photographie en 2024 et représentée par la Galerie Binome (2026), elle a également pris part à plusieurs conférences autour des enjeux liés au tirage photographique et enseigne le tirage dans plusieurs écoles d’art.

Crédit : Julie Laporte, Chymères, 2025. ©adagp

BENOÎT LEFEUVRE

Benoît Lefeuvre est un artiste plasticien autodidacte vivant et travaillant à Paris. Sa pratique de la photographie expérimentale s’articule autour des notions de mémoire en lien avec les éléments du paysage. Elle se déploie à travers une recherche sur la métamorphose de l’image et de ses supports. À partir de matériaux photographiques glanés, il travaille avec des fragments déjà marqués par le temps. En les associant à des éléments naturels tels que l’eau, la terre ou les champignons, il engage un dialogue entre chimie photosensible et processus organiques.

Les œuvres résultent de protocoles ouverts où l’altération, l’érosion et les réactions chimiques deviennent constitutives de l’image. Celle-ci se transforme, se fragilise et se recompose, révélant des formes instables qui font écho aux mécanismes de la mémoire. Par cette hybridation, Benoît Lefeuvre interroge la persistance des images et la complexité des cycles de mémoire dans un contexte écologique contemporain.

Depuis sa première exposition personnelle L’île d’Her à la Galerie Aiguillage des Frigos, Paris (2021), présentée également en extérieur à Dinard (2022), il a exposé dans différents contextes, notamment avec Inventaire à Paris (2023), au festival Atmosphères (2023), à Richmond, États-Unis (2023), à la Galerie du Crous, Paris (2024), au salon Approche avec la Galerie Porte B (2024), ainsi que dans l’exposition collective Terres d’artistes à l’Espace Art Absolument, Paris (2025).

Crédit : Benoît Lefeuvre, photographie vernaculaire imprimée sur papier Hahnemühle, colonisée par du mycélium cultivé sur copeaux de chanvre et résidus agricoles, 30 x 40 cm, 2025 ©ADAGP

JULIE ROCHEREAU

Artiste et photographe, Julie Rochereau vit à Montreuil. Elle est diplômée de l’École des Gobelins, de l’Université Paris VIII-Vincennes-Saint-Denis, et a obtenu le DNSEP à l’ENSAPC de Cergy en 2024. Elle s’intéresse particulièrement aux questions du paysage contemporain et ses enjeux écologiques ; à travers des recherches sur la matérialité de l’image photographique et sa mise en espace. Ses dernières recherches portent sur la collaboration avec le vivant non humain.

Ses travaux ont récemment été exposés à la Fondation Laccolade à l’occasion du festival de Photo Saint Germain en 2025, à la Galerie Porte B avec le collectif EeZ0 en 2026. Elle est lauréate de la bourse de recherche du Collège International de la Photographie de 2023 (CIP). Résidente à la Métive en 2024, elle est sélectionnée pour la résidence de post-production du CPIF (Centre Photographique d’Ile de France) en 2022. Son travail a été également exposé à la galerie Sinibaldi-Le Neuf à Paris en 2023, à la galerie Laurent Godin lors du prix Poly_Emergence-Ile-de-France, à la Biennale de l’Image Tangible et au 104 pour le prix Circulation(s). Elle est actuellement en résidence à la Capsule 93 avec le collectif Eez0.

Crédit : Julie Rochereau /Crystal World I, 2021, Tryptique 1, C-Print, encadrement aluminium, verre anti-reflet, 24×18 cm. ©ADAGP